
La Tatamia de Peg Perego est une chaise haute multifonction fabriquée en Italie, conçue pour accompagner l'enfant de la naissance jusqu'à 15 kg environ (3 ans). Son principe : combiner les fonctions de transat, balancelle et chaise haute en un seul produit, grâce à un système de réglages multiples. Commercialisée autour de 280 à 350 € selon les coloris, elle se positionne dans le segment haut de gamme. Ce test détaille le montage, les différents modes d'utilisation, la sécurité, le confort au quotidien et la pertinence de l'investissement face aux alternatives du marché.
La Tatamia en chiffres : dimensions, poids et capacité
Avant d'entrer dans le détail du test, quelques données techniques permettent de situer le produit.
- Dimensions ouverte : 59 × 87 × 107 cm (L × P × H).
- Dimensions pliée : 59 × 34 × 95 cm — elle se plie à plat et tient debout contre un mur.
- Poids : 14 kg. C'est un poids conséquent, supérieur de 3 à 5 kg à la moyenne des chaises hautes classiques.
- Capacité maximale : 15 kg (chaise haute), 9 kg (transat/balancelle).
- Nombre de positions d'inclinaison du dossier : 4.
- Nombre de positions en hauteur : 9.
- Plateau repas : amovible, lavable au lave-vaisselle, avec un sur-plateau détachable.
La Tatamia se distingue par sa polyvalence revendiquée. Peg Perego la présente comme un produit capable de remplacer trois équipements distincts (transat, balancelle, chaise haute), ce qui justifierait son prix élevé par rapport à une chaise haute standard. Le reste de ce test vérifie cette promesse dans la pratique. Les parents déjà équipés en matériel Peg Perego retrouveront des repères dans notre guide des poussettes Peg Perego.
Montage et première mise en service
La Tatamia arrive partiellement assemblée dans un carton de 18 kg (produit + emballage). Le montage consiste principalement à fixer les roues, installer le harnais et clipser le plateau. La notice, en plusieurs langues, est illustrée de schémas clairs — un point positif commun aux produits Peg Perego.
Le temps de montage mesuré lors de notre test : 25 minutes, sans outil particulier (un tournevis cruciforme suffit pour les roues). Les roulettes se verrouillent individuellement via un frein à pédale sur chacune des quatre roues. Le système de freinage est ferme — il faut appuyer franchement pour enclencher ou désenclencher le frein, ce qui réduit le risque qu'un enfant plus grand le manipule accidentellement.
Une fois montée, la Tatamia est prête à être utilisée en mode transat dès la naissance. Le passage aux autres modes (balancelle, chaise haute) se fait par une combinaison de réglages détaillée dans les sections suivantes. Pour une vue d'ensemble du système ISOFIX Peg Perego dans la voiture, notre guide d'installation ISOFIX complète le panorama de la marque.
Mode transat : utilisation dès la naissance
En position transat, le dossier est incliné à l'horizontale ou quasi-horizontale (position 1 sur 4), et la hauteur est réglée au plus bas pour rapprocher le bébé du sol. Le coussin réducteur fourni avec la Tatamia maintient le nouveau-né en position semi-allongée, avec un soutien lombaire et des cales latérales pour la tête.
Le harnais 5 points est ajustable à trois hauteurs au niveau des épaules. Sur un nouveau-né, les sangles semblent larges — c'est un harnais conçu pour accompagner la croissance, pas un harnais de transat dédié. Le rembourrage des sangles compense partiellement cette largeur.
En pratique, la Tatamia fonctionne correctement comme transat d'appoint. Elle ne remplace pas un vrai transat ergonomique (type BabyBjörn Balance) en termes de légèreté et de compacité, mais elle rend service dans la cuisine ou le salon pour garder bébé à proximité pendant les repas familiaux. La comparaison avec une balancelle Joie Serina montre que les produits dédiés offrent un confort supérieur sur ce mode précis.
Mode balancelle : le balancement mécanique
La fonction balancelle repose sur un mécanisme simple : les pieds de la Tatamia se convertissent en patins courbes (fournis et interchangeables avec les roulettes) qui permettent un balancement d'avant en arrière. Le système est entièrement mécanique — pas de moteur, pas de piles.
Le balancement est doux, avec une amplitude de 5 à 8 cm selon l'impulsion donnée. Il s'atténue naturellement en 30 à 45 secondes. Pour maintenir le mouvement, il faut relancer manuellement — ce qui limite l'intérêt pour endormir un bébé sans intervention.
L'installation des patins prend environ 5 minutes (retourner la chaise, déclipser les roues, clipser les patins). Ce n'est pas une manipulation qu'on fait quotidiennement ; la plupart des parents choisissent un mode et s'y tiennent pendant plusieurs semaines avant de changer. Le mode balancelle est surtout utilisé entre 2 et 6 mois, avant que l'enfant ne commence à se redresser pour manger.
Mode chaise haute : le cœur de l'utilisation
C'est le mode principal de la Tatamia, celui pour lequel la majorité des parents l'achètent. Le dossier se redresse en position verticale (position 4), la hauteur se règle pour aligner le plateau avec la table familiale, et le plateau repas se clippe en place.
Le réglage en hauteur sur 9 positions est le point fort de la Tatamia. Il permet d'adapter la chaise à n'importe quelle table, du bar de cuisine (hauteur 90 cm) à la table basse du salon (hauteur 45 cm). Chaque position se verrouille par un mécanisme à pédale situé sous l'assise — un geste qui nécessite les deux mains au début mais devient fluide avec la pratique.
Le plateau repas se compose de deux éléments : un plateau principal fixé sur les accoudoirs, et un sur-plateau amovible qui se détâche d'un geste pour être rincé ou mis au lave-vaisselle. Le sur-plateau a des rebords de 2 cm, suffisants pour contenir les débordements de purée mais pas les renversements de bol complet.
L'assise est large (33 cm entre les accoudoirs) et profonde (25 cm). Elle convient aux bébés dès 6 mois (avec le réducteur) et reste confortable jusqu'à 2-3 ans. Le coussin d'assise en similicuir se nettoie d'un coup d'éponge — un choix de matériau pragmatique pour une chaise qui reçoit quotidiennement de la nourriture. Notre test de la Maxi-Cosi Minla offre un point de comparaison sur une chaise haute concurrente dans la même gamme de prix.
Sécurité : harnais, stabilité et conformité
La Tatamia est conforme à la norme européenne EN 14988:2017, qui régit les exigences de sécurité des chaises hautes pour enfants. Cette norme couvre la stabilité (tests de basculement avec charge), la résistance des matériaux, les points de pincement et le système de retenue.
Le harnais 5 points est le même type que celui utilisé dans les sièges auto — un choix rassurant, bien que certains parents le trouvent excessif pour un enfant de 2 ans qui mange à table. Le harnais se convertit en ceinture ventrale 3 points lorsque l'enfant grandit, mais uniquement en retirant les sangles d'épaule, ce qui nécessite un tournevis.
La stabilité est excellente, grâce au poids de 14 kg et à l'empattement large des pieds. Lors de notre test, un enfant de 12 kg qui se penche franchement sur le côté ne provoque aucun basculement. Les roues verrouillées ajoutent un ancrage au sol. C'est l'un des points où le poids de la Tatamia, souvent critiqué, devient un avantage.
L'entrejambe du plateau est équipé d'un séparateur fixe qui empêche l'enfant de glisser sous le plateau — un risque réel avec les chaises hautes dépourvues de ce dispositif. Le séparateur est en plastique rigide recouvert de mousse, confortable mais impossible à retirer. Pour les parents qui consultent des avis sur d'autres équipements Peg Perego, notre test du siège Viaggio Flex détaille la philosophie de sécurité de la marque.
Nettoyage et entretien au quotidien
Le nettoyage est le critère qui départage les chaises hautes dans la durée. Après six mois d'utilisation quotidienne, voici notre bilan.
Le sur-plateau se détâche en deux secondes et passe au lave-vaisselle. C'est le composant le plus pratique de la Tatamia — on en oublie presque de le mentionner tant le geste devient automatique.
Le coussin en similicuir se nettoie à l'éponge humide. Les tâches de purée, de compote et de yaourt partent sans difficulté. Après six mois, le similicuir ne montre ni craquelure ni décoloration. En revanche, les coutures du coussin retiennent des miettes ; un passage d'aspirateur avec un embout fin est nécessaire une fois par semaine.
La structure métallique se salit peu mais accumule de la poussière dans les joints de pliage. Un chiffon humide mensuel suffit.
Le harnais est le point noir du nettoyage. Les sangles en tissu absorbent les éclaboussures et ne se démontent pas facilement. Un lavage à la main avec du savon de Marseille tous les 15 jours maintient le harnais propre, mais c'est une contrainte que les chaises à harnais amovible ne posent pas.
Bilan du test : ce qui convainc et ce qui freine
Ce qui convainc :
- La polyvalence réelle — trois modes d'utilisation qui fonctionnent (même si le transat et la balancelle restent en retrait par rapport aux produits dédiés).
- Les 9 positions en hauteur, qui permettent une adaptation à tous les types de tables.
- Le sur-plateau amovible compatible lave-vaisselle.
- La stabilité, supérieure à la moyenne grâce au poids de la structure.
- La fabrication italienne, avec une qualité de matériaux et de finitions cohérente avec le prix.
- Le pliage à plat, pratique pour le rangement malgré le poids.
Ce qui freine :
- Le poids de 14 kg, qui rend les déplacements pénibles (même avec les roulettes, franchir un seuil de porte demande un effort).
- Le prix, 40 à 60 % supérieur aux chaises hautes classiques de bonne qualité.
- Le harnais non démontable sans outil, contraignant pour le nettoyage.
- Le changement de roues en patins (et inversement), trop long pour une utilisation réellement quotidienne du mode balancelle.
- L'encombrement au sol, supérieur à une chaise haute standard.
Le test du Chicco Next2Me montre qu'un autre produit multifonction italien peut offrir un meilleur compromis poids-fonctionnalité dans un contexte différent (le cododo).
Tatamia face à la concurrence : comparaison directe
Trois chaises hautes occupent le même segment de prix et de fonctionnalités que la Tatamia.
- Stokke Tripp Trapp : 250-300 € (sans accessoires bébé, 350-450 € avec le Baby Set et la tablette). Approche opposée : chaise en bois évolutive, sans roues, sans mode transat. La Tripp Trapp accompagne l'enfant jusqu'à l'âge adulte, là où la Tatamia s'arrête à 3 ans. Si la durabilité prime, la Tripp Trapp l'emporte. Si la polyvalence des premiers mois prime, la Tatamia a l'avantage.
- Maxi-Cosi Minla : 200-260 €. Six modes d'utilisation revendiqués, poids de 9 kg — plus légère et moins chère que la Tatamia. La Minla sacrifie la stabilité et la largeur d'assise pour gagner en compacité. Pour un petit appartement, c'est un argument fort.
- Joie Multiply : 150-200 €. Six modes dont un siège d'appoint. Moins stable, finitions plus simples, mais un rapport fonctionnalités-prix difficile à battre dans cette catégorie.
La Tatamia se justifie pour les parents qui valorisent la qualité de fabrication italienne, la stabilité du châssis et le réglage en hauteur sur 9 positions. Pour les budgets plus serrés ou les espaces réduits, les alternatives citées méritent d'être considérées.
Verdict : pour qui la Tatamia est-elle faite
La Peg Perego Tatamia est un produit bien conçu, bien fabriqué, mais qui demande de l'espace, du budget et une certaine tolérance au poids. Elle convient aux familles qui disposent d'une cuisine ou d'une salle à manger spacieuse, qui apprécient la qualité des matériaux italiens et qui souhaitent un produit multifonction pour les 3 premières années.
Elle convient moins aux familles en appartement compact, aux parents qui voyagent fréquemment avec la chaise haute ou à ceux qui recherchent un produit léger et mobile. Pour ces profils, une chaise haute classique à 100-150 €, complétée par un transat séparé, offrira un meilleur rapport praticité-prix.
Le vrai argument de la Tatamia, au-delà des fonctionnalités, reste la solidité. Après un an d'utilisation quotidienne, le mécanisme ne grince pas, le similicuir ne craquelle pas, les réglages restent fermes. C'est un produit construit pour durer — dans les limites de sa tranche d'âge de 0 à 3 ans.
Rédigé par Lydia
Passionnée de parentalité
Nos articles s'appuient sur des sources officielles (HAS, OMS, INSERM) et les retours de parents. Les informations techniques proviennent des constructeurs et des organismes de test (ADAC, UFC-Que Choisir).
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